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Le 29 avril, nous manifesterons pour notre Terre

Dès le début de son mandat, Donald Trump a concrétisé ses attaques contre la protection de l’environnement et du climat.

La personne désignée par Trump pour diriger l’Environmental Protection Agency (l’agence de protection de l’environnement), Scott Pruitt, a consacré l’essentiel de sa carrière à combattre l’Agence qu’il est maintenant appelé à piloter. C’est le renard dans le poulailler, mais il n’est pas seul : toute l’équipe du nouveau président est truffée de semeurs de confusion climatique liés aux secteurs des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz…).

Le nouveau président des Etats-Unis a relancé la construction des pipelines Keystone XL et Dakota Access, dont la mobilisation sociale avait imposé l’arrêt, parfois au prix de luttes acharnées. De plus, Donald Trump a promis d’abolir les dispositions en faveur de l’efficience énergétique des moteurs automobiles et d’examiner favorablement toutes les conditions que les constructeurs mettraient à la relance de leurs investissements aux Etats-Unis.

Alors que nous sommes au bord d’un basculement climatique irréversible, alors que l’accumulation des richesses n’a jamais été aussi grande et aussi inégalitaire, alors qu’une politique écologique et sociale devrait partager le travail et donner un revenu décent à tous et toutes, la protection de l’emploi sert de prétexte pour une politique insensée de soutien aux énergies fossiles.

Les redoutables conséquences sociales et écologiques de cette politique ne font pas hésiter le nouveau président. Sa totale irrationalité non plus. Au contraire : le programme de recherche de la NASA sur le changement climatique est dans le collimateur. Et, afin de faire taire les alertes, les chercheurs/euses dépendant de budgets fédéraux se voient totalement interdit-e-s de communiquer directement leurs recherches au grand public, de quelque manière que ce soit. Quand le message ne lui plaît pas, Donald Trump baillonne le messager !

Nous tirons la sonnette d’alarme. La seule économie digne de notre espèce est celle qui commande de prendre prudemment soin de la Terre pour assurer à tou·te·s ses habitant·e·s et ses écosystèmes les meilleures conditions d’existence. Or, celles-ci sont menacées par l‘économie du pillage des ressources et du saccage de la planète, par la concurrence pour le profit immédiat et maximum.

Nous sommes tous et toutes concerné·e·s. L’avenir de la planète, notre avenir, celui de nos enfants, sont en jeu.

C’est le moment d’entrer en résistance. Aux Etats-Unis, dans le sillage de l’énorme succès de la Marche des Femmes, deux marches sont organisées : pour les sciences le 22 avril, pour le climat le 29 avril. Nous soussigné·e·s, scientifiques et activistes sociaux, nous rassemblerons à Bruxelles le 29 avril, en solidarité avec nos collègues et ami.e.s des Etats-Unis

  • Non au déni climatique
  • Laissons les fossiles dans le sol
  • Changeons le système, pas le climat
  • Respect Women. Respect People. Respect the Earth.

 

PREMIERS SIGNATAIRES:

Alaluf, Sociologue, ULB

Georges Bauherz, neuropsychiatre, ULB

Philippe Baret, Professeur, Agro-Louvain, UCL

Léon Brenig, physicien, Professeur émérite de l’ULB

Antoinette Brouyaux, Associations 21

Paulo Charruadas, historien, ULB

Marijke Colle, écoféministe

Chantal Cornet, Lutte Solidarité Travail

Luka De Bruyckere, research assistant, The Hugo Observatory, ULg

Florence Degavre, Professeure de socio-économie

Chloé Deligne, Historienne de l’environnement, Chercheuse FNRS/ULB

Thibaut Demeulemeester, biologiste, Climat et Justice Sociale

Vinciane Despret, ULg

Charlotte Fichefet, doctorante en science politique à l’ULB, Aspirante FNRS

Marie-Soleil Frère, sciences de l’information et de la communication, maître de recherche FNRS/ULB

François Gemenne, Chercheur Qualifié FNRS, Directeur de l’Observatoire Hugo, ULg

Marius Gilbert, Maître de recherches FNRS, ULB

Pierre Gillis, physicien, Professeur de l’Université, UMONS

Jean-Claude Grégoire, agronome, Professeur de l’Université, ULB

Christian Kunsch, Président, MOC

Jan Nyssen, Geographie, Professor, UGent

Pierre Lannoy, sociologue, Professeur à l’ULB

Pauline Lefèbvre, Lutte Solidarité Travail

Pierre Marage, ancien doyen de la faculté des sciences, ULB

Jacinthe Mazzocchetti, anthropologue, Professeure à l’UCL

Jacque Moriau, sociologue, Chercheur à l’ULB

Marc Mormont, sociologue, Professeur émérite de l’ULg

Pierre Ozer, Observatoire Hugo, Département des Sciences et Gestion de l’Environnement, ULg

Cécile Parent, Lutte Solidarité Travail

Julien Pierret, Faculté de droit et de criminologie, ULB

Pierre Reman, économiste, Professeur UCL

Lidia Rodriguez Prieto, Le Monde Selon les Femmes

Sarah Schlitz, co-présidente de la coalition climat

Christophe Schoune, secrétaire général d’Inter Environnement Wallonie

Isabelle Stengers, Philosophe, Professeure émérite de l’ULB

Marcelle Stroobants, sociologue du travail, Professeure de l’Université, ULB

Daniel Tanuro, Ingénieur agronome, auteur écosocialiste, Climat et Justice Sociale

François Thoreau, chercheur postdoctorant en sciences sociales, ULg

Perrine Vanmeerbeek, chargée de recherches au Spiral (ULg) et CRIDS (UNamur)

Jean-Pascal van Ypersele, climatologue, Professeur à l’UCL

Frank Venmans, chargé de cours en économie environnementale, UMONS

Jean Vogel, Directeur du Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches de l’ULB

Laurent Vogel, chercheur à l’Institut syndical européen, professeur de droit de la santé au travail à l’ULB

Grégoire Wallenborn, Docteur en sciences, Climat et Justice Sociale

Jean Wallenborn, physicien, Professeur émérite de l’ULB

Eléonore Wollf, Géographe, Professeur ULB

Rassemblement pour le climat et notre Terre. Le 29 avril 16h à 18h, place de la Monnaie (Bruxelles)

En solidarité avec les chercheurs états-uniens nous nous rassemblons pour une science du climat indépendante des gouvernements et des industries, en faveur du bien commun et des citoyens.

  • Non au déni climatique
  • Laissons les fossiles dans le sol
  • Changeons le système, pas le climat
  • Respect Women. Respect People. Respect the Earth
  • Refinancement de la  recherche publique

Le 22 avril: marche pour la science ou marche pour la politique de l’Union Européenne?

Le 22 avril devait se tenir à Bruxelles, comme partout dans le monde, une marche citoyenne en soutien avec les scientifiques états-uniens et contre les politiques désastreuses envers la recherche que ce soit aux USA, dans l’Union Européenne et en Belgique. Il n’en sera malheureusement rien !

Reprise en main par des lobbys et des conseillers satellites de la Commission Européenne, la marche citoyenne de Bruxelles s’est transformée en un festival en l’honneur de la politique scientifique européenne. Sans réflexion critique sur la situation actuelle des chercheurs/euses, le soutien ou la participation à cet événement revient à cautionner l’orientation de la DG Research, des États-membres et de la Commission.

Or, celle-ci est loin d’être satisfaisante. C’est celle d’un définancement de la recherche publique, d’une compétition de plus en plus intense entre scientifiques, d’une fuite de plus en plus importante des financements publics vers la recherche privée au profit des grandes entreprises, sous couvert d’une économie de la connaissance. Les chercheurs/euses peuvent constater au quotidien les effets de ces décisions à courte vue sur l’affaiblissement des recherches fondamentales et sur la précarité des jeunes chercheurs/euses et des non-permanents dans le monde académique. La recherche scientifique a pour vocation de comprendre le monde et de permettre l’amélioration des conditions de vie de ses habitants, pas de frayer le chemin pour de nouveaux surprofits réalisés aux dépens des citoyens, y compris les chercheurs/euses, et des écosystèmes terrestres.

Pour se convaincre de cette situation, les rapports du FNRS ne peuvent être plus clairs. Sur les 23 objectifs de 2009-2014, seuls 3 ont pu être tenus, et 12 n’ont même pas été entamés uniquement par manque de ressources financières, dont l’évolution est négative, rappelons-le. Un seul exemple : le nombre de chargés de recherche (mandat post-doctoral) attribué annuellement par le FNRS diminue depuis 2010, alors que le nombre de (bons) candidats a explosé depuis 2009, de sorte que le taux d’attribution est passé de 40 à 22%. Pour atteindre ses nouveaux objectifs le supplément de financement nécessaire est estimé au total à 55.700.000 € (soit une augmentation de 37% des subventions communautaires, fédérales et régionales).

Sur ce définancement, sur la marchandisation de la recherche qui en résulte, sur les oligopoles détenus par les éditeurs de revues scientifiques (les 4 plus gros éditeurs privés possèdent à eux-seuls 40% du marché des publications scientifiques et donc du savoir commun), sur la précarité des chercheurs, sur l’endettement des étudiants,… Sur tout ceci, le festival du 22 avril fera l’impasse. Dès son origine, et bien avant le soutien d’institutions belges de recherche, le festival était soutenu par des lobbys patronaux gravitant autour de la Commission, tels que Science/Business (visant à rassembler la science, le business, et le politique), des organes de celle-ci (ESPO) ainsi que des députés de partis conservateurs et populistes.

Des think-tanks d’inspiration technocratique tels que ‘I love evidence’ (Sense About Science EU) font la promotion d’une business-based (ou business oriented) science, au nom d’un combat légitime mais dévoyé contre l’obscurantisme. La business based science est en effet loin de sa neutralité affichée. Cette stratégie ne vise qu’à manipuler les sciences à des fins politiques et économiques, par exemple en justifiant les OGMs, les pesticides, l’exploitation du gaz de schiste, l’énergie nucléaire, ou dans des domaines encore plus idéologisés tels l’économie et les sciences sociales. Sur cela aussi, le festival du 22 avril fera l’impasse. Or il est urgent de reconnaître que les sciences ne sont pas toujours utilisées de manière neutre, et qu’il faut dans ce cas favoriser une recherche indépendante. Indépendante des grandes entreprises et des pressions politiques, en faveur du bien commun et des citoyens.

C’est l’esprit de la March for Science aux USA. L’initiative traduit une prise de conscience que les scientifiques ne sont pas isolés dans leur tour d’ivoire, mais peuvent au contraire participer, dans l’espace public, au débat qui traverse notre société. Se faire entendre est même devenu une nécessité face à l’administration Trump qui tente de mettre sous-tutelle politique toute recherche allant par exemple à l’encontre du déni climatique ou à l’encontre d’entreprises écocidaires. Or en Belgique, en évitant d’inclure les chercheurs/euses eux-mêmes dans l’organisation de l’événement, en restant sourde aux revendications qu’ils peuvent porter, la ScienceMarchBE leur a confisqué la parole au profit de membres de la Commission et du Parlement Européen qui ne seront là que pour embellir leur image auprès des scientifiques. Ceci va clairement à l’encontre du but initial promu par nos collègues états-uniens.

“Climat et Justice Sociale” voulait manifester le 22 avril, à la fois en soutien à la March for Science qui aura lieu ce jour-là aux USA et en soutien à la People’s March for Climate qui aura lieu une semaine plus tard. Nous avons lancé un appel dans ce sens qui a été publié dans la presse avec la signature de nombreux chercheurs et d’activistes des mouvements sociaux, et répercuté en radio et en télévision. Nous avons tenté de collaborer avec ScienceMarchBE, mais nous sommes obligés aujourd’hui de constater qu’aucun accord n’est possible, tant leur démarche est manipulatoire, sous-tendue par des motivations politiques cachées, de fait au service de la Commission Européenne. Face à Trump et son monde, en solidarité avec les chercheurs qui tirent la sonnette d’alarme sur des questions essentielles concernant notre vie sur Terre, tels le réchauffement climatique et la survie des écosystèmes, nous appelons à nous faire entendre le 29 avril, journée internationale de People’s Climate March.

Voici nos messages positifs:
– refinancer une recherche publique indépendante des grandes entreprises et de leurs lobbys, via les universités et les centres publics de recherche;
– Refuser la manipulation des sciences à des fins politiques et économiques;
– Améliorer la situation de plus en plus précaire des chercheurs/euses en Belgique et en Europe;
– Réduire la mainmise des gros éditeurs de revues scientifiques sur le savoir;
– Créer des espaces où les chercheurs peuvent rencontrer les citoyens et leurs demandes en matière de recherche

Plus d’informations sur l’événément facebook

CHANGE THE SYSTEM, NOT THE CLIMATE!

Mobilisation pour la COP 21. Paris en train, à pied ou à vélo.

Le samedi 31 octobre, à la Erasmushogeschool, Rue des Six Jetons 70, 1000 Bruxelles

Journée conférences, ateliers, débats. Entrée libre.

Avec PABLO SOLON
(ex ambassadeur de la Bolivie à l’ONU)

et ASBJORN WAHL
(Confédération Syndicale Internationale)

Programme de la journée:

9h30 Accueil
10h Conférence de Pablo Solon: mise en perspective de la COP 21 et de ses enjeux
10h30 – 12h Ateliers

PAUSE SANDWICHES

13h30 – 15h30 Ateliers
15h30 – 17h30 Rapport des ateliers et débat

Pause

18H Meeting final avec :

Pablo Solon, Asbjorn Wahl, Natalie Eggermont (Climate Express), Brigitte Gloire (oxfam solidarité), Douglas Sepulchre (Climat et Justice Sociale)

Avec en ateliers :

– Climat et dette écologique

– Technologies dangereuses

– Ressources: épuisement, dépassement, effondrement

– Alimentation, Forêts, usage des sols et Climat

– Syndicats, Emploi et Climat

Organisé par : Climat et Justice Sociale, OXFAM Solidarité, CADTM, MPOC, Nucléaire stop, Association 21.

Avec le soutien de : CETRI, Climate express, ATTAC Liège.

Rendez-vous samedi 31 octobre !